Tendances marketing B2B : ce que Cannes Lions 2026 retient de la confiance

Preuve du ROI, créateurs de confiance, découverte par l'IA : les tendances marketing B2B retenues par LinkedIn à Cannes Lions 2026.

Deux professionnels discutent en riant à une table haute, sur une terrasse de festival face à la mer, parasols verts

Le 24 juillet 2026, LinkedIn, partenaire B2B officiel du festival, a publié sa synthèse de Cannes Lions 2026 en cinq enseignements. Trois chiffres résument le virage : 91 % des CMO B2B considèrent la preuve du retour sur investissement comme un indicateur clé de leur leadership, 87 % des acheteurs B2B préfèrent les contenus de créateurs de confiance de leur secteur, et 94 % des acheteurs B2B utilisent désormais des modèles de langage pour leurs recherches (LinkedIn Marketing Blog, juillet 2026 (nouvel onglet)). Pour les décideurs marketing qui préparent leur second semestre, l'enjeu tient en trois verbes : prouver, incarner, être cité.

Cannes Lions 2026 : les tendances marketing B2B en cinq enseignements

La synthèse signée Brooke Reotutar pour LinkedIn tient en cinq phrases, que l'on peut traduire ainsi : la création doit prouver des résultats business ; la « buyability » devient la nouvelle mesure de la marque ; les effets de chaque étape du tunnel se cumulent ; la crédibilité remplace la portée comme multiplicateur ; l'IA réécrit la façon dont les acheteurs découvrent les marques.

Le même jour, un second article du blog de LinkedIn rassemblait les propos de CMO entendus sur la Croisette (Google, OpenAI, Chase, HP, Asana, Salesforce, Dropbox) sous une formule : on passerait d'une économie de l'attention à une économie de l'intelligence (LinkedIn Marketing Blog, juillet 2026 (nouvel onglet)). Colin Fleming, CMO de la division Business d'OpenAI, le dit en une phrase : « nous entrons dans cette économie de l'intelligence, où tout est question d'utilité » (traduction).

Rien de tout cela n'est une révolution technique. C'est un rappel de fondamentaux, formulé par ceux qui disposent des plus gros budgets du secteur : le marketing B2B évolue vers moins de volume et plus de preuves, moins de comptes de marque et plus de personnes identifiées. Chaque enseignement mérite d'être relu avec les yeux d'une PME ou d'une ETI en marketing BtoB, qui n'a ni l'équipe ni les outils d'une multinationale.

Preuve du ROI : comment mesurer ce que produit une campagne

Premier enseignement : en B2B, l'époque de la création pour la création est terminée. Selon une étude YouGov de 2026 citée par LinkedIn, 91 % des CMO B2B voient dans la preuve du ROI un indicateur clé de leur leadership, et 79 % constatent que les budgets sont coupés quand ce retour ne peut pas être démontré. La conséquence pratique, selon l'article : intégrer la mesure dès le brief, et ne plus traiter l'attribution après coup.

Définir le résultat avant de lancer les campagnes

Pour les équipes marketing, la mesure se prépare donc avant le tournage ou la rédaction, pas après la publication. Trois réflexes suffisent :

  • Fixer l'objectif principal en termes business : rendez-vous commerciaux, demandes de devis, génération de leads qualifiés, raccourcissement du cycle de vente, et pas seulement vues, engagement ou impressions.
  • Relier chaque contenu à un moment du parcours d'achat : une capsule courte sert la découverte, un épisode long sert la considération, une étude de cas rassure en fin de processus d'achat.
  • Brancher l'analyse des données sur le CRM : noter d'où viennent les prospects, quels contenus ils ont vus et quels posts LinkedIn ont déclenché un échange, puis suivre le taux de conversion.

Le cas présenté par Kimberly Storin (Zoom), au cœur du troisième enseignement (les effets du tunnel se cumulent quand on cesse de les mesurer isolément), illustre l'intérêt de cette discipline. En faisant travailler marque et acquisition de manière coordonnée plutôt que séparée, Zoom annonce une hausse de 55 % de la génération de leads, des taux de conversion multipliés par 6 et un pipeline en progression de 20 %, toujours selon la synthèse de LinkedIn. La leçon n'est pas de copier ces résultats, mais de cesser de mesurer l'image de marque et la demande dans deux mondes séparés : c'est là que se joue l'efficacité réelle des campagnes.

Un responsable présente une courbe de croissance sur un grand écran à des collègues, dans un bureau clair et végétalisé

Buyability : convaincre tout le groupe d'achat, pas un seul décideur

Le deuxième enseignement a dominé les conversations B2B du festival : la « buyability », un modèle qui fait du comité d'achat l'unité de décision. D'après une recherche de LinkedIn et Bain citée dans l'article, les marques ont 20 fois plus de chances d'être achetées quand l'ensemble du groupe d'achat les connaît. Et l'explication avancée est éclairante : les acheteurs n'achètent pas seulement une solution, ils achètent une décision qu'ils pourront défendre.

Pour une entreprise qui vend des produits et services à forte valeur ajoutée, cela change la cible des contenus. Le directeur financier, le responsable technique, l'utilisateur final et l'acheteur n'ont ni les mêmes besoins spécifiques ni les mêmes questions. La recommandation de LinkedIn : cartographier ce dont chaque interlocuteur a besoin pour se sentir en confiance, puis produire des messages qui construisent cette confiance à chaque étape.

Concrètement, une même conversation de fond peut nourrir plusieurs formats grâce au découpage : un passage sur le coût total pour le financier, un autre sur l'intégration pour le technique, un témoignage d'usage et d'expérience client pour l'équipe opérationnelle. C'est l'un des intérêts d'un format long, découpé ensuite en extraits ciblés.

Voix incarnées : la crédibilité remplace la portée

Quatrième enseignement, et sans doute le plus utile pour une stratégie de contenu B2B : l'influence se mesure désormais à la crédibilité, pas à la taille de l'audience. Selon une enquête Global Web Index menée pour LinkedIn en 2024, 87 % des acheteurs B2B préfèrent les contenus de créateurs de confiance de leur secteur d'activité, et 82 % disent que ces contenus influencent activement leurs décisions d'achat à chaque étape du parcours.

La recommandation qui suit est explicite : investir dans les voix internes, donner aux dirigeants et aux experts les moyens de partager publiquement leur point de vue. « La crédibilité à grande échelle commence par des individus crédibles », conclut l'article (traduction). Liz Armistead (Dropbox) va dans le même sens : « prendre le temps d'affiner sa perspective et d'avoir un point de vue singulier est le vrai facteur de différenciation des marques dans cette nouvelle ère » (traduction).

Ce que cela change pour la stratégie de contenu

Un compte d'entreprise qui publie des visuels génériques ne coche aucune de ces cases. Un expert qui explique face caméra, par exemple, comment il a résolu un problème précis de son secteur d'activité coche les trois : il est identifiable, il est spécifique, il est vérifiable. C'est aussi ce qui distingue une relation de confiance d'une simple notoriété. Les interactions humaines, même filmées, restent le raccourci le plus sûr vers la crédibilité : on croit une personne que l'on a vue raisonner pendant quarante minutes.

Nous avons détaillé cette logique dans notre guide sur le personal branding par le podcast : la régularité et la précision du propos comptent davantage que le nombre d'abonnés au départ.

Dirigeant aux cheveux gris interviewé avec un micro à main devant une petite caméra motorisée, dans un bureau vitré

IA générative et moteurs de réponse : être cité pour être visible

Le cinquième enseignement est celui qui a la plus longue portée : selon LinkedIn, les outils d'IA ont profondément changé la manière dont les acheteurs trouvent les informations, comparent les solutions et se forgent une opinion sur les marques. Lors d'une session officielle de Cannes Lions avec LinkedIn (« Winning The AI Discovery Era »), plusieurs chiffres ont été présentés : 94 % des acheteurs B2B utilisent des LLM dans leur processus de recherche ; LinkedIn est devenu le domaine le plus cité pour les requêtes professionnelles sur les plateformes de recherche par IA (Profound, 2026) ; et 75 % de ces citations renvoient à des contenus de profils individuels, pas à des pages de marque.

L'article en tire une conclusion directe : si les voix d'une organisation ne publient pas, la marque devient largement invisible pour les systèmes d'IA que ses acheteurs consultent avant de décider. Pour LinkedIn, l'IA est devenue la porte d'entrée de la découverte des marques, et elle récompense la crédibilité plutôt que le volume. D'où le conseil de traiter les contenus publiés par les dirigeants et spécialistes comme une infrastructure, pas comme une simple diffusion, avec un objectif : être citable.

Au-delà du site web et du SEO classique

Le second article de LinkedIn ajoute une nuance utile : gagner la découverte demande un écosystème, pas seulement un site web. Clients, créateurs, collaborateurs, partenaires et communautés influencent la manière dont une marque apparaît dans les réponses des IA. Le SEO ne disparaît pas : celui des articles de blog et des livres blancs reste utile, mais il ne suffit plus pour prendre pied dans ces réponses : ce que disent des personnes identifiées, sur des réseaux sociaux professionnels et sur YouTube, pèse dans ce que les moteurs de recherche et les assistants restituent. Nous avons décrit cette approche dans notre article sur les tendances podcast B2B 2026, côté production.

L'utilisation de l'IA en interne suit la même logique. La synthèse des CMO note qu'à mesure que l'IA automatise le travail routinier, les compétences qui distinguent les marketeurs deviennent plus humaines : curiosité, jugement, communication, créativité. Les outils d'IA générative servent à automatiser les tâches répétitives ; la puissance de l'IA n'enlève rien à la valeur d'un point de vue incarné, elle la renforce, puisque la création de contenus génériques devient abondante et banale.

Stratégie marketing B2B du second semestre : un plan d'action

Ces cinq enseignements convergent, et l'article de LinkedIn le dit lui-même : responsabilité, crédibilité, intégration. Pour une stratégie marketing B2B réaliste d'ici la fin de l'année, les clés tiennent en quatre points.

  1. Choisir deux ou trois voix. Un dirigeant, un expert technique, éventuellement un client. Ce sont elles qui porteront l'expertise de l'entreprise à travers leurs propres profils, lors d'événements comme en ligne.
  2. Concentrer la création de contenus sur des conversations longues et utiles. La synthèse des propos de CMO publiée par LinkedIn le résume ainsi : les marques qui créent les conversations les plus dignes de confiance feront mieux que celles qui créent le plus de contenu. Un épisode vidéo bien préparé fournit la matière première de nombreuses publications.
  3. Décliner pour chaque interlocuteur du comité d'achat. Des extraits courts, chacun centré sur une question précise, publiés sur plusieurs réseaux pour toucher les personnes qui ne sont pas encore dans la cible directe.
  4. Mesurer ce qui compte. Demandes entrantes de prospects, mentions en rendez-vous commercial, engagement des comptes visés, performance commerciale : des indicateurs simples, définis avant de publier.

Prashi Gore, CMO d'Asana, le formulait simplement à Cannes : face au rythme des changements, il faut parfois revenir aux bases, « qu'est-ce qui compte pour l'acheteur ? » (traduction). Pour prolonger, notre article sur le podcast dans une stratégie de contenu B2B détaille les conditions pour qu'un tel dispositif produise du pipeline plutôt que des indicateurs de vanité.

Le podcast vidéo, format incontournable de ces tendances ?

Aucun format n'est magique, mais en marketing BtoB le podcast vidéo est un levier qui coche plusieurs cases à la fois : il met en avant des personnes identifiées plutôt qu'une page de marque, il produit un contenu long que les moteurs peuvent indexer, et il se découpe en formats courts pour les réseaux sociaux professionnels et grand public. C'est exactement ce que fait Firm-A : la conversation est tournée au studio de Montreuil (ou sur site, avec la régie mobile, dans la formule Corporate), l'épisode long est publié sur YouTube dès qu'il est validé, et les capsules verticales sont publiées une par jour sur les 8 réseaux de Firm-A, en mentionnant les comptes du client et en collaboration sur Instagram et YouTube. Le client touche ainsi une audience qui n'est pas encore la sienne, reçoit une alerte à chaque publication et ses métriques en fin de mois, de quoi suivre la diffusion de près, en phase avec l'exigence de preuve soulignée à Cannes.

La leçon de Cannes Lions 2026 tient en une idée : dans un marché saturé de contenus, ce sont les voix crédibles qui se font entendre, par les acheteurs comme par les IA. Une communication incarnée, régulière et mesurée donne les meilleurs résultats à moyen terme. Pour en parler avec nous, écrivez-nous.

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Un podcast vidéo à lancer ?

Une heure de tournage, un épisode et au moins vingt capsules, publiées sur les 8 réseaux Firm-A : de quoi construire votre autorité devant une audience qui n’est pas encore la vôtre.